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Taxe poids lourd « méfions-nous du réflexe pavlovien de la taxe » (Bruno Le Maire)

Le transport routier est en ébullition. Les discussions et même les négociations, ne font que commencer autour de l’idée, pas très neuve et même éculée, lancé dimanche dernier par le nouveau ministre de la transition écologique, François de Rugy du retour d’une taxe poids lourd. L’actualité de la semaine a été ponctuée par des prises de paroles nombreuses, pour beaucoup émanant des organisations professionnelles, OTRE et FNTR en tête, mais aussi du monde économique.

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Quels moyens pour contrôler les camions étrangers …

Les premiers commentaires sans ambiguïtés sont venus de l’Ouest, et plus précisément de Bretagne, dans les colonnes du Télégramme. Jean-Luc Cade directeur général de l’Association bretonne des entreprises agroalimentaires (ABEA), parle « solution de facilité » et ajoute « On connaît la situation des transporteurs, ce sont nos fournisseurs. Ce n’est sûrement pas là que doit se faire la pression fiscale » Il rappelle aussi que « dans les entreprises de production et de transformation, les matières premières représentent déjà 60 % du prix. Ajouter une taxe sur le transport, c’est fragiliser le modèle économique de ces entreprises implantées dans une région périphérique ».

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Les bonnets rouges ne sont pas rangés au fond du placard !

Frédéric Duval (Medef Bretagne) se fâche dans les colonnes du même quotidien. Il se demande, concernant la déclaration du ministre de l’écologie s’il s’agit « soit d’incompétence, soit manipulation. Une fois de plus, on est devant un État à la recherche de recettes supplémentaires pour boucler son budget. Un État français champion d’Europe des prélèvements obligatoires et du déficit public ». A son tour, Thierry Merret (FDSEA du Finistère) rappelle aussi l’échec de l’initiative de ferroutage Combiwest, lancée par la Sica et arrêtée pour cause de non rentabilité et d’absence d’aides de l’Etat et il martèle « Nous autres, Bretons, et plus encore les Finistériens, ne pouvons pas nous passer des transports ».

Pendant ce temps, les petites phrases s’enfilent comme des perles au sein d’un gouvernement qui ne nous habitue pas à la solidarité. Ainsi, Bruno Le Maire, ministre en charge de l’économie et des finances, explique sur France-Info, jeudi 27 septembre, que s’il n’est pas opposé sur le principe « que l’on regarde comment mettre à contribution les poids lourds étrangers qui traversent le territoire et qui, par définition, abîment les routes et polluent » il rappelle qu’il faut faire attention à l’équilibre du secteur du transport routier et se méfier du « réflexe pavlovien de la taxe ». En résumé, Bruno Le Maire n’aime pas trop les taxes en général et il prend avec précaution les idées de nouvelles taxes et conclut préférer des solutions parfois plus exigeantes que la solution de facilité qui consiste à aller piocher, soit dans les poches des Français et des ménages, soit dans les poches des entreprises ».

Ecotaxe (chèrement) enterrée, mais le gouvernement ne lâche pas les poids-lourds

Pendant ce temps Elisabeth Borne, ministre des transports va de plateaux de télévision en studios de radio et déclare inlassablement « Il ne s’agit pas de refaire l’écotaxe ». La décision serait prise à la fin du mois d’octobre, avant la présentation de la loi sur les mobilités, pour la mise en place éventuelle d’une vignette pour les poids lourd en 2020. « Nous cherchons à faire participer au financement des infrastructures, notamment ceux qui n’y participent pas aujourd’hui. Par exemple, les poids lourds qui font le plein au Luxembourg ou en Belgique, traversent la France, puis refont le plein en Espagne et n’ont pas payé la fiscalité sur les carburants » déclare la ministre invitée de CNews en rappelant que l’Etat cherche une nouvelle ressource d’environ 500 millions d’euros par an.

Ecrit par Jean-Yves Kerbrat